Marc Jamoulle &
La question des dépendances à
notre consultation de médecine générale
Nous formons un cabinet de médecine générale de
groupe sous le nom Cabinet de Médecine Générale Jamoulle et associés. La
pratique professionnelle du Dr Jamoulle dans le quartier a commencé en 1974. Le
Dr
L’activité médicale à Gilly a été développée
d’abord en solo par le Dr Jamoulle puis au sein du Collectif de Santé
Dans les année 90,
l’interpellation du Dr Jamoulle par les enfants de sa patientèle a conduit ce
dernier à se former à l’approche et au traitement des patients présentant des
troubles sévères du système endorphinique. Le climat de l’époque était marquée par une grande suspicion et une empreinte moraliste
tres vive en ce qui concerne les traitements dits de substitution.
Cette attitude d’ouverture humaine et
scientifique, associée à une grande accessibilité économique a positionné le
cabinet du Dr Jamoulle comme acteur connu aupres des patients dépendants des
substituts morphiniques à Charleroi.
Des
textes écrits et recherches de terrain
témoignent de la volonté d’être à jour scientifiquement. Un séminaire
portant sur Toxicomanie et Ethique à réuni en 1994 chez le Dr Jamoulle, une
série d’intervenants de Charleroi avec la participation de Jean François
Malherbe, philosophe et éthicien. Parallèlement, les assistants du Dr Jamoulle
ont tous été formés, entre 1990 et ce jour à l’accompagnement des personnes en
demande de traitement spécifique bien qu’intégré à la pratique professionnelle
classique de médecine générale. En 1994, un séminaire de formation a réuni
quelques médecins généralistes de Charleroi autour du Dr Jacques Beaudour,
psychiatre connu pour son implication de longue date auprès des patients
toxicomanes qui nous a transmis son savoir faire et son savoir être dans ce
domaine. La publication de l’ouvrage Etre en Roche par le Dr Jamoulle a eu un
impact déterminant sur la prescription du Rohypnol en Belgique et en France. Le
Dr
Cette offre de soin s’est poursuivie sans
discontinuer depuis 17 ans au travers de l’activité médicale générale dans un
souci d’intégration médicale et sociale.
A l’heure actuelle, cette offre de soin se
poursuit de façon habituelle, toujours totalement intégrée à la pratique
usuelle de médecine de famille, une façon tant d’empêcher la ghettoïsation des
demandeurs de traitement que de favoriser la prise de conscience par la population consultante habituelle de la
difficulté d’être dans cette situation de dépendance. Les patients en
traitement au très long cours, les patients guéris, leur famille ou leur enfants (déjà 28 enfants nés de mère dépendantes) ont
souvent intégrés la patientèle habituelle.
Nombre de patient et prise en charge
Le nombre de patient traités ou en demande de
traitement a été considérable dans les premières années, mobilisant les
énergies des trois médecins de
La situation actuelle s'est sensiblement
améliorée. L'offre de soins s'étant diversifiée, le nombre de nouveau patients
en demande est descendu à moins de cinq
nouveaux cas par mois en ce qui concerne l'héroïne. La question de la
nicotine a pris toute son importance et
la reconnaissance du Dr Jamoulle comme tabacologue contribue à cette nouvelle
forme de prise en charge. L'usage massif de la cocaïne provoque des demandes
ponctuelles de prise en charge surtout lors des épisodes psychotiques ou
dépressifs aigus post coke. Sur le plan de l'alcool, la demande est stable et
s'exprime rarement de façon déterminée.
La relation médecin malade est au coeur de la
thérapeutique et c'est à ce titre que nous avons toujours refusé d'établir un
contrat écrit, de surcroît partagé avec des tiers, pour les patients utilisant
des opiacés de substitution. Notre perception est que l'héroïnomanie est une
maladie endocrine, de type dysendorphinémie, dont les origines sont psycho
sociales et les conséquences sont tout autant somatiques que psycho-sociales.
Cette affection est aussi présente chez les sportifs de haut niveau.
Le traitement s'établit dans la durée et lors
d'expositions peu prolongées il est
possible de refaire fonctionner le système endorphinique gravement endommagé et
qui reste toutefois très fragile, expliquant par la le nombre et l'importance
des rechutes. Les considérations éthiques reprises en rubrique sont les guides
de notre activité clinique.
Approche thérapeutique intégrée et réseau de
soins
Les patients sont vus dans le cadre de la
pratique usuelle de la médecine générale. Leur problèmes de santé sont suivis
de façon longitudinale et intégrée. Ceci signifie qu'un patient sous méthadone
qui devient hypertendu ou diabétique sera traité de façon continue par la même
équipe de soignants. Les enfants d'un patient toxicomane sont normalement vus
pendant nos consultations de médecine générale (43% des patients toxicomanes de
Charleroi ont des enfants). De cette façon, la dépendance n'est jamais qu'un
parmi le ou les problèmes de santé d'une personne ou de sa famille et le point
de contact avec le système de santé que nous représentons n'est pas marqué de l'opprobre
d'être identifié systématiquement comme toxicomane. Du point de vue somatique,
c'est la question de l'hépatite C qui domine et les relations se font le plus
souvent avec les gastro-entérologues spécialisés. Du point de vue de la santé
mentale, il est vrai que l'héroïne, excellent antipsychotique, agit comme un
véritable filtre à psychotiques et que nous nous retrouvons avec un ensemble de
patient dont les traits psychotiques sont parfois dominants, surtout si le
« traitement » de substitution a été un succès et que la méthadone
n'est plus non plus présente. C'est en partie à cause de la difficulté à
trouver des répondants en psychiatrie et psychologie clinique et des
travailleurs sociaux que le Dr
Déclaration
d'intention ;
Le médecin généraliste et de famille et l'usager de drogue
Ecrit à Villamura, Portugal, printemps 1997.
Contenu
Ce texte qui effleure
la thématique de l'éthique professionnelle et du soins aux usagers de drogues a
été écrit à l'issue d'une rencontre entre médecin généralistes Français,
Portugais et Belges à Villamura, Portugal au printemps 1997. Il est soumis ici
à votre regard critique.
Le patient usager de
drogue est un patient comme les autres. S'il le requiert, il devra bénéficier
de l'information, de l'écoute et de l'approche thérapeutique qui est due à tout
être humain souffrant. Le patient a droit au respect
le plus strict de son intimité et de son secret. Il a droit à des soins
personnels, globaux, continus et accessibles socialement et financièrement.
Le médecin généraliste et de famille
désireux de prendre en charge le patient usager de drogue veillera à lui offrir
les mêmes conditions de prise en charge que pour les autres patients, quelque
soit le site où il pratique. Le médecin généraliste et de famille veillera à
acquérir la compétence nécessaire pour accompagner les usagers de drogue dans
leur parcours de vie. En développant son savoir-faire et son savoir-être, de
préférence en relation avec ses pairs, il veillera à maintenir sa performance
dans le domaine des toxicomanies. La continuité et la coordination des soins au
travers d'un réseau multidisciplinaire seront au centre de ses préoccupations.
L'approche thérapeutique sera basée
sur une vision globale de l'être humain, prenant en compte les dimensions
biologiques, psychologiques et socioculturelles. Le médecin généraliste et de
famille de l'usager de drogue veillera à intégrer l'éducation pour la santé et
la prévention à la pratique curative. Il sera particulièrement attentif à la
prévention primaire, au dépistage, à la réhabilitation et au regard sur la
nocivité potentielle de sa propre pratique. Il mettra en place les outils
psychothérapeutiques appropriés et veillera à sa propre santé mentale et
physique.
Dans la mesure où le médecin
généraliste et de famille utilise des produits addictifs pour traiter, il
veillera à prendre toutes les précautions nécessaires à la sauvegarde de la
santé de son patient et de
Marc Jamoulle &
Geoffroy Laurent
Ecrits et publications
·
Denis B;
·
Jamoulle M.
Approche des problèmes de toxicomanie (drogue dures) en première ligne.
Courrier de la Fédération des Maisons Médicales. 1993(78): 4.
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Hayani A; Denis B; Fedullo R; Hubert MH; Jamoulle M;
Pasteger D; Petit J; Segers JM; Ligny G. Prevalence of hepatitis C Virus (HCV)
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1994(57): A3(1-142).
·
Jamoulle M.
Héroïnomanie en médecine générale, une approche complexe. Courrier de la
Fédération des Maisons Médicales. 1994 Oct(96): 23-27. & Revue de
·
Jamoulle M.
Bibliographie toxicomanie, indexée et commentée (logiciel Procite). Courrier de
la Fédération des Maisons Médicales. 1994 Oct(96(supplément)):
28 pages.
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Jamoulle M; Deddobeleer M. Compulsive use of Flunitrazepam
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Denis B; Fedullo R;
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Jamoulle M.
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·
Jamoulle M. Prevalence of hepatitis C (HCV) versus hepatitis
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Jamoulle M. "To be on Roche". Oral communication. 3rd National Symposium on
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Jamoulle M.
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Jamoulle M. Soins
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·
Jamoulle M. Le
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Beaumadier L;
Jamoulle M; Révillion JJ; Tonnelet G. Atelier d'écoute et de travail. in:
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Jamoulle M. Drogue
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Bruxelles, juin 1998. & sur http://www.ulb.ac.be/esp/mfsp/usage-abus.htm
·
Laurent G. Comorbidité de l'hépatite C chez les patients
toxicomanes, mémoire de fin d'étude , UCL, 2003
sur Internet seulement :
· Jamoulle M. Déclaration d'intention ; Le médecin généraliste et de famille et l'usager de drogue. Villamura, 1997 http://www.ulb.ac.be/esp/mfsp/ethitox-fr.html
·
Jamoulle
M Ode à ma mère. Consultations,
1997 http://www.ulb.ac.be/esp/mfsp/mamere.html